Le marché des actions

Les rendements des marchés boursiers pour ce trimestre étaient bien différents selon la région du monde où vous vous trouviez. Certainement, les États-Unis jouent un rôle clé dans l’économie mondiale et les investisseurs se sont sentis confortable d’investir davantage dans les actions de ce pays. Toutefois, ils étaient hésitant par rapport aux autres régions, ce qui peut être attribué en partie aux constantes frictions commerciales entre les plus grandes économies du monde. Pour la plupart des investisseurs canadiens, le résultat final fut de bons rendements pour les actions américaines, mais des rendements négatifs pour les actions canadiennes et internationales.

Les actions canadiennes ont légèrement fléchi au cours de cette période après avoir subi des fluctuations plus marquées au cours des deux premiers trimestres de l’année. L’indice composé S&P/TSX a reculé de 0,6 % en raison du manque d’intérêt et des préoccupations des investisseurs étrangers, ces dernières ayant égard à la résolution des discussions commerciales et l’incapacité de notre pays de mener à bien d’importants projets. À notre grand regret, les actions des compagnies de cannabis ont poursuivi leur lancée à l’approche de la légalisation. Pour le reste, l’ampleur du marché fut faible, 6 des 11 secteurs ayant affiché des gains. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans les secteurs des soins de santé (+31 %), des produits industriels (+6 %) et des services financiers (+4 %). Les secteurs des matériaux (-13 %), de la consommation de base (-9 %) et de l’énergie (-6 %) ont été difficiles pour les investisseurs ce trimestre.

Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a enregistré un fort rendement absolu au cours du trimestre estival, avec un rendement de 7,7 % en dollars américains. Le huard s’est raffermi au cours du trimestre, contribuant au rendement total de 5,8 % en dollars canadiens. Les préoccupations relatives au commerce mondial se sont renforcées en raison des droits de douane imposés sur de nombreux produits chinois et de certaines représailles. Un nouvel ALENA (maintenant l’USMCA) a été conclu à la fin du trimestre. Le commerce entre les États-Unis et la Chine représente toutefois le plus gros facteur de risque économique pour le marché américain. En dépit de cette situation, les facteurs économiques fondamentaux du marché demeurent solides, les résultats institutionnels du deuxième trimestre ayant stimulé la confiance des investisseurs. Les taux d’intérêt poursuivent leur augmentation, sans toutefois avoir pour le moment dissuadé les investisseurs à l’égard des actions. Nous avons vu Apple devenir la première société américaine cotée en bourse atteindre une valeur de 1 000 milliards de dollars, suivie de près par Amazon. L’espace des sociétés à très forte capitalisation des secteurs de la technologie et de la consommation discrétionnaire demeure très dynamique et, en général, les actions de croissance ont continué de surpasser les actions de valeur. Les secteurs des soins de santé (+15 %) et des produits industriels (+10 %) se sont bien comportés, tout comme le nouveau segment des services de communication (10 %), qui comprend Alphabet et Facebook. Nous avons vu le prix du pétrole de WTI atteindre ses sommets récents, mais les actions du secteur de l’énergie (+1 %) ont accusé un retard, tout comme les actions sensibles aux taux d’intérêt (immobilier +1 %, services publics +2 %).

Les actions d’EAEO ont de nouveau connu un trimestre faible, l’indice affichant un rendement de -0,46 % en dollars canadiens, ce qui représente un rendement nettement inférieur à celui de ses pairs américains depuis le début de l’année. Plusieurs facteurs expliquent la sous-performance de ce trimestre, notamment les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, la crainte d’un Brexit sans accord, l’incertitude politique en Italie et en Turquie, et des indicateurs économiques généraux plus faibles. À l’échelle régionale, la Suisse (4 %) et le Japon (2 %) ont été les deux
valeurs aberrantes positives, la première ayant été aidée par le bon rendement de sa monnaie et les deux pays bénéficiant de leurs caractéristiques défensives perçues dans un contexte incertain. Au contraire, le Royaume-Uni (-3 %) et l’Allemagne (-2 %) ont tous deux freiné le rendement global en raison de la crainte qu’un Brexit difficile ait une incidence sur le rendement des actions et la livre britannique, et d’un manque d’intérêt à l’égard du secteur automobile allemand en raison de quelques mises en garde émises à l’égard des bénéfices des entreprises. Le dollar canadien s’est montré généralement plus fort (de 1 % à 4 %) que les principales devises de l’indice, ce qui a eu une incidence négative sur le rendement. Sur le plan sectoriel, la faiblesse était généralement associée aux secteurs défensifs, soit l’immobilier (-5 %), les services publics (-2 %) et la consommation de base (-2 %). La reprise du secteur de l’énergie (2 %) s’est poursuivie au cours du trimestre, les prix du pétrole ayant continué d’augmenter en raison de l’incertitude de l’offre de l’Iran. Enfin, les soins de santé (4 %) ont obtenu de bons résultats, menés par les produits pharmaceutiques, qui, selon nous, peuvent être considérés comme une stratégie défensive dans le contexte d’une escalade de la guerre commerciale.

De façon générale, nous croyons que les investisseurs devraient continuer de surpondérer les actions par rapport aux obligations. Toutefois, il est à noter que nous sommes dans les dernières manches de ce cycle économique. Les multiples d’évaluations sont raisonnables. Les actions demeurent attrayantes, mais à mesure que les taux d’intérêt augmenteront, cet attrait des actions par rapport aux obligations diminuera. Nous garderons un œil ouvert sur les frictions commerciales initiées par l’administration Trump. Toutefois, avec l’accord de principe conclu avec le Canada et le Mexique, il semble être possible que la situation du commerce mondial pourrait s’améliorer. Nous surpondérons les actions pour nos clients et nous favorisons les secteurs cycliques plutôt que les secteurs défensifs et sensibles aux taux d’intérêt.

Le marché obligataire

Les pourparlers commerciaux et la menace de nouveaux tarifs ont réduit la confiance et maintenu les obligations dans une fourchette de transactions stable. Dans l’ensemble, les taux d’intérêt ont terminé le trimestre à un niveau plus élevé qu’au début, en raison de la solidité des données économiques et d’indications selon lesquelles la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine poursuivront l’augmentation des taux. Par conséquent, la courbe de rendement s’est aplatie davantage et la probabilité d’une courbe de rendement inversée s’est accrue, car les banques centrales ont annoncé qu’elles devaient « normaliser les taux directeurs » et qu’elles avaient l’intention de poursuivre les augmentations jusqu’à la fin de 2019. Au cours du trimestre, les taux de rendement des obligations du Canada à 2 ans ont augmenté de 30 points de base pour atteindre 2,21 %, tandis que ceux des obligations à 5 ans ont augmenté de 27 points de base pour atteindre 2,34 %. Les taux de rendement des obligations du Canada à 10 et 30 ans ont clôturé le trimestre au même niveau de 2,42 %, les obligations à 10 ans ayant augmenté de 26 points de base et les obligations à 30 ans de 22 points de base. Bien que les négociations de l’ALENA se soient poursuivies pendant toute la période, le nouvel accord commercial AEUMC conclu à la date limite du 30 septembre a réduit l’incertitude du marché tout en contribuant à l’augmentation des rendements obligataires sur l’ensemble de la courbe.

Fondamentalement, les données économiques ont continué de se renforcer, la croissance du PIB au Canada au troisième trimestre devant être de 1,8 %, tandis que celle des États-Unis devrait atteindre 3 %. Les effets puissants de la réforme fiscale, la vigueur des marchés boursiers et les niveaux de confiance des consommateurs les plus élevés depuis 12 ans ont favorisé un paysage très optimiste aux États-Unis. Au contraire, les niveaux de confiance des consommateurs du Canada ont atteint leur plus bas niveau en 12 ans, car la croissance était stimulée par les dépenses dans les infrastructures et le commerce international. Des taux de chômage de 6 % au Canada et de 3,9 % aux États-Unis (le taux le plus bas depuis les années 1950) pourraient également aider à expliquer l’écart relatif entre les niveaux de confiance des consommateurs dans les deux pays. La Banque du Canada a maintenu le taux directeur à court terme stable à 1,50 % lors de la réunion de septembre, bien que le marché s’attende à une hausse de 25 points de base en octobre et à trois autres augmentations de taux en 2019. De même, la Réserve fédérale américaine continue d’augmenter les taux d’intérêt à court terme, dans une fourchette de 2 % à 2,25 % à l’heure actuelle, et que d’autres augmentations sont prévues au cours de 2019. L’inflation est demeurée contrôlée, l’indice de référence de base sur 12 mois étant de 2,1 % au mois d’août au Canada, et de 2,2 % sur 12 mois aux États-Unis. Ce fait a favorisé une courbe de rendement plus aplatie, car les pressions inflationnistes sont directement liées à la hausse des rendements obligataires à long terme.