Le marché des actions

Les marchés boursiers se sont bien comportés au deuxième trimestre avec un rebond par rapport au trimestre précédent. Les investisseurs canadiens ont bénéficié d’un marché domestique des actions fort et aussi de l’affaiblissement du huard par rapport à la devise américaine, ce qui a avantagé le rendement sur les actifs américains lorsque traduit en dollars canadiens. Toutefois, l’effet contraire s’est produit du côté du rendement des actions internationales puisque le dollar canadien s’est apprécié par rapport aux devises étrangères du regroupement EAEO. La volatilité des marchés a diminué comparativement au début d’année, mais demeure plus élevé que le niveau de volatilité anormalement faible de l’année 2017.

Les actions canadiennes ont rebondi fortement au deuxième trimestre après avoir mal commencé l’année. L’indice composé S&P/TSX s’est un peu éloigné de la rhétorique entourant la guerre commerciale et a offert un rendement de 6,8 % pour la période. Les investisseurs étaient plus ouverts à saisir les occasions qu’au trimestre précédent pendant lequel l’aversion au risque était plus forte. Certains participants au marché ont décidé de poursuivre sur la lancée de quelques nouvelles entreprises dans les domaines du cannabis et de la technologie. D’autres se sont tournés vers un secteur des ressources bon marché en raison de la hausse des prix des produits de base. Depuis le début de l’année, l’indice est de nouveau positif avec un rendement de 2,0 %. La force du marché était encourageante, 10 des 11 secteurs affichant des rendements positifs. Le secteur des services publics est le seul secteur ayant produit un rendement légèrement négatif (-0,4 %). Les secteurs de l’énergie, des soins de santé et de la technologie se sont démarqués par des rendements à deux chiffres. Étant donné que le secteur de l’énergie représente près de 20 % de l’indice, son rendement a certainement été le plus percutant du trimestre.

L’indice S&P 500 a rebondi, passant d’un début négatif au premier trimestre à un rendement de 3,4 % en dollars américains ce trimestre. Le huard a continué de s’affaiblir, entraînant un rendement total de 5,5 % en dollars canadiens. Le marché a en grande partie fermé les yeux sur les inquiétudes suscitées par l’escalade de la guerre commerciale à l’échelle mondiale. Sous l’impulsion de la réduction de l’impôt des sociétés, les résultats financiers des entreprises ont été excellents au premier trimestre. Dans l’ensemble, le marché semble encore être raisonnablement évalué dans le contexte de la croissance des bénéfices prévue de plus de 20 % en 2018. Le thème des titres de croissance offrant un rendement supérieur à celui des titres de valeur demeure en place, comme en témoigne le rendement élevé des titres dans les secteurs de la consommation discrétionnaire et de la technologie. Les actions du secteur de l’énergie ont été recherchées, car les investisseurs ont commencé à croire que la hausse des prix du pétrole n’est peut-être pas temporaire. À la fin du trimestre, le prix du baril de pétrole WTI était 73 $ US. Il est intéressant de noter que certains titres sensibles aux taux d’intérêt se sont bien comportés (services publics et fiducies de placement immobilier), tandis que les titres des secteurs des télécommunications et de la consommation de base ont affiché des pertes modestes. Les services financiers et les produits industriels se retrouvent en bas de la liste pour le
trimestre, affichant des rendements trimestriels négatifs consécutifs.

Bien que la volatilité soit demeurée au-dessus d’un niveau auquel nous étions habitués dernièrement, l’indice MSCI EAEO a quand même terminé le trimestre en territoire positif avec un rendement de 0,94 % en dollars canadiens. Les actions se sont généralement bien comportées en avril, sous l’impulsion d’une reprise dans le secteur de l’énergie, les cours du pétrole ayant continué d’augmenter en raison du resserrement de l’offre. Ceci étant dit, la volatilité s’est accentuée de nouveau en mai avec le retour du sentiment anti-euro des investisseurs causé par l’incertitude politique en Italie. À l’échelle régionale, l’Australie (8 %) s’est démarquée puisque, comme le Canada, ce pays a tiré des avantages du renforcement du marché des ressources. Après avoir connu un faible rendement au premier trimestre, le Royaume-Uni (4 %) a lui aussi rebondi ce trimestre en raison d’une dépréciation de la livre sterling après que la Banque d’Angleterre a renoncé à hausser les taux comme prévu. L’Italie (-5 %) a été la valeur aberrante négative du trimestre parmi l’ensemble des pays clés en raison de l’incertitude politique croissante dans ce pays. Il est important de préciser que le dollar canadien s’est apprécié (de 2 % à 4 %) par rapport aux autres devises importantes de l’indice, ce qui a eu un effet négatif sur les rendements. Sur une base sectorielle, les secteurs des ressources — l’énergie (14 %) et les matériaux (3 %) - ont fait progresser l’indice. En général, les secteurs les plus défensifs ont obtenu de bons résultats, les attentes à l’égard d’un resserrement des politiques monétaires s’étant dissipées après que les données économiques ont montré un ralentissement de la croissance. Le secteur des services financiers (-4 %) a affiché le rendement le plus faible, l’aplatissement des courbes de rendement et l’incertitude liée à l’Italie s’étant fait sentir sur le secteur.

De façon générale, nous croyons que le sentiment sur les marchés est à point. Nous devrions investir avec prudence étant donné le resserrement des conditions monétaires. Nous portons également attention aux négociations portant sur le commerce mondial qui se font via Twitter. Malgré cela, l’économie mondiale continue de croître et l’inflation demeure à un niveau raisonnable. Malgré toute l’incertitude politique, les décisions prises ont été généralement favorables pour les entreprises jusqu’à date. En somme, nous croyons que l’environnement actuel demeure positif pour les actions. Les multiples d’évaluations demeurent à l’intérieur des fourchettes historiques. Nous surpondérons cette classe d’actif pour nos clients et nous favorisons les secteurs cycliques au détriment des secteurs défensifs et sensibles aux taux d’intérêt.

Le marché obligataire

Le cours des actifs à revenu fixe s’est avéré résilient, car le deuxième trimestre de 2018 s’est clôturé avec très peu de variation des prix et des rendements des obligations malgré une amélioration du contexte économique. Les rendements obligataires ont augmenté en avril à mesure que la croissance et les données économiques se redressaient, mais cette tendance s’est révélée temporaire, les rendements ayant diminué de façon constante en mai et en juin sous l’effet de l’inflation et des hausses salariales plus faibles que prévu, et de l’intensification des craintes à l’égard d’une guerre commerciale mondiale. L’effet d’entraînement de la première série de tarifs douaniers du président Trump et des contre-mesures prises par divers pays a suscité des inquiétudes dans un certain nombre d’industries, et il finira par avoir une incidence sur la confiance des consommateurs et des entreprises, ainsi que sur les dépenses d’investissement. Bien que 34 milliards de dollars de biens soient maintenant assujettis à des droits de douane, aucune autre mesure commerciale n’est prévue à court terme en raison des élections de mi-mandat aux États-Unis cet automne. En dépit de ces mesures commerciales, la croissance économique s’est améliorée grâce aux mesures supplémentaires de réduction des impôts et d’un déficit budgétaire qui ont contribué à la reprise aux États-Unis. Le Canada continue de profiter de la reprise mondiale, et la stabilisation de son secteur de l’habitation devrait aider à soutenir les dépenses de consommation et la confiance. Le marché du travail au Canada et aux États-Unis poursuit son amélioration avec une augmentation des salaires, ce qui vient aussi appuyer les dépenses de consommation. Les taux de chômage au Canada et aux États-Unis s’établissent maintenant à 6 % et 4 % respectivement après avoir légèrement fléchi en juin.

Malgré les craintes liées aux guerres commerciales, la croissance prévue du PIB au Canada en 2018 n’a été que légèrement réduite à 1,9 % en 2018 et à 1,8 % en 2019, tandis que la croissance aux États-Unis devrait se poursuivre après une forte reprise au deuxième trimestre en raison d’une croissance prévue de 2,8 % en 2018 et de 2,5 % en 2019. L’écart de production au Canada se comble plus rapidement que prévu et la confiance des entreprises reste forte alors que les pressions inflationnistes demeurent limitées à 2,2 %. On s’attend donc à ce que la Banque du Canada se concentre sur les répercussions réelles des mesures actuelles et les conditions économiques qui continuent de s’améliorer, plutôt que sur la rhétorique commerciale actuelle. La Banque du Canada devrait augmenter son taux directeur de 25 points de base en juillet pour ramener le taux du financement à un jour à 1,50 %, puis procéder à des hausses supplémentaires de 25 points de base chaque trimestre jusqu’au milieu de 2019 afin d’atteindre un « taux d’intérêt neutre », qu’elle définit comme étant entre 2,50 % et 3,50 %. La Réserve fédérale des États-Unis devrait également continuer d’augmenter les taux à un rythme semblable au cours de la deuxième moitié de 2019.

La courbe de rendement du Canada s’est légèrement aplatie au cours du trimestre, l’inflation étant plus faible que prévue et les craintes commerciales ayant suscité des inquiétudes envers la croissance. Au deuxième trimestre de 2018, les taux de rendement sur 2 ans ont augmenté de 14 points de base pour s’établir à 1,91 %, tandis que les taux de rendement des obligations à 5 ans ont augmenté de 10 points de base pour s’établir à 2,06 %. Au cours de la même période, les taux de rendement des obligations canadiennes à 10 ans ont augmenté de 8 points de base pour atteindre 2,17 %, tandis que les taux de rendement du Canada à 30 ans ont diminué de 2 points de base pour s’établir à 2,20 %.